Leçon 9

1 Introduction

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2 Les plantes comestibles

On pourrait dire en boutade que toutes les plantes non toxiques sont comestibles. Cependant l'homme a des caractéristiques propres qui lui permettent de manger certaines plantes et pas d'autres. La liste est différente pour chaque animal.

Plantes consommées

Sur les 400.000 espèces de plantes, la FAO ("Food and Agriculture Organization" c'est à dire l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture) donne une liste inférieure à 80 végétaux comestibles dont la production est suivie à l'échelon mondial :

Il en manque un bon nombre dont la production est négligeable à l'échelon mondial : navets, salades, céleri, cerises, kiwis, éleusine et tef (cultivés en Éthiopie),... mais l'ensemble des végétaux utilisés pour la nourriture ne dépasse pas le nombre de 800.

Pourtant, autrefois, les aborigènes d'Australie ou d'Afrique cueillaient déjà environ 1000 plantes sauvages. L'avenir peut donc mener à des découvertes ou des redécouvertes de végétaux comestibles. Cependant le rendement est devenu actuellement le maître mot en terme de production et déjà une quantité de produits ont disparus simplement pour des raisons de conservation ou de coût de la main d'œuvre pour la cueillette :


la groseille

la prunelle

la pomme moisson

le coing
   

Cueillette et culture

Nos premiers ancêtres vivaient de cueillette puis ils ont découvert la culture.

La cueillette appauvrit les espèces. En effet, on cueille prioritairement les plus beaux fruits ou les plus belles plantes qui ne se reproduisent donc pas.

La culture enrichit les espèces. En effet, on garde comme semence les plus beaux fruits qui sont alors les seuls à se reproduire.

Les OGM. Des multinationales de la semence jouent sur l'ADN de la plante à des fins commerciales ou de rentabilité. Non seulement elles jouent aux apprentis sorciers, mais sous de faux prétextes humanitaires, elles veulent avoir la main mise sur toutes les cultures du monde en déposant des brevets et en interdisant chacun de produire lui-même ses semences.

 

3 Les plantes Toxiques et médicinales

Avertissement

Notre site vous donne quelques propriétés médicinales trouvées dans des livres, mais nous ne sommes pas médecins et nous ne vous conseillons en aucun cas de commencer à vous soigner avec ce que vous avez lu ici.

3.1 Introduction

 

Les plantes ont pour caractéristique de contenir une molécule complexe ayant un effet sur le corps humain. Ainsi, la digitale contient une substance agissant sur le cœur qui, bien dosée, est utilisée comme médicament (fabrication de la digitaline) mais qui est mortelle autrement et en particulier si l'on mange directement la plante.

Si l'on s'en tient à cette définition, nous tombons vite sur un problème extrêmement complexe. En effet, on peut différencier les plantes de la manière suivante :

3.2 Législation

La législation française a donc défini ce que l'on entendait par "plante médicinale" et a réglementé leurs cultures et leurs utilisations :

Une plante médicinale est "une plante présentant des propriétés médicamenteuses, sans avoir ni ne pouvant avoir aucune utilisation alimentaire, condimentaire et hygiénique" (circulaire n°346 du 2 juillet 1979).

Les plantes présentant des propriétés autres que des propriétés médicamenteuses, sont considérées comme des plantes aromatiques condimentaires et leur vente, en gros ou au détail, est libre.

Ainsi, le thym, malgré ses propriétés thérapeutiques et son inscription à la Pharmacopée, n'est pas une plante médicinale ; en revanche, la racine de valériane en est une.

Notons que les plantes dites comestibles ne sont pas des plantes médicinales. La raison est tout à fait logique : on ne peut pas manger régulièrement et en grande quantité des plantes qui ont un effet notoire autre que nutritif sur l'organisme !

3.3 Commerce et utilisation

Limitations

Les plantes médicinales, si elles sont inscrites à la Pharmacopée, relèvent du monopole pharmaceutique. D'après le code de la santé publique, article L. 512, " la vente des plantes médicinales inscrites à la Pharmacopée est réservée aux pharmaciens ". Il en est de même pour " les huiles essentielles ainsi que leurs dilutions et préparations ne constituant ni des produits cosmétiques, ni des produits à usage ménager, ni des denrées ou boissons alimentaires ". La vente au public des huiles essentielles a été ajoutée au monopole des pharmaciens en 1984.

Le décret n°79-480 du 15 juin 1979 définit une liste très restrictive de 34 plantes médicinales, dont la vente est libre dans tout commerce à condition qu'aucune indication thérapeutique majeure ne soit mentionnée. Ces plantes sont les suivantes : bardane, bouillon blanc, bourgeons de pin, bourrache, bruyère, camomille, chiendent, cynorrhodon, eucalyptus, frêne, gentiane, guimauve, hibiscus, houblon, lavande, lierre terrestre, matricaire, mauve, mélisse, menthe, ményanthe, olivier, orange, ortie blanche, pariétaire, pensée sauvage, pétales de roses, queues de cerise, reine des prés, feuilles de ronce, sureau, tilleul (fleurs et bractées), verveine, violette.
Ces plantes ne peuvent être vendues mélangées entre elles ou avec d'autres à l'exception des 7 plantes suivantes : tilleul, verveine, menthe, oranger, camomille, cynorrhodon, hibiscus.
Cependant, une centaine d'autres plantes sont tolérées dans les rayons des plantes médicinales, dans la mesure où ce sont des plantes à usage condimentaire, aromatique ou cosmétique. C'est ainsi que le thym et le romarin, qui ne figurent pas dans la liste des plantes en vente libre, font partie de la liste des plantes condimentaires. Toutes les plantes qui ne figurent pas dans ces deux listes tombent sous le monopole des pharmaciens. Les plantes en vente libre doivent être conditionnées " en l'état ", c'est-à-dire qu'elles ne doivent pas être transformées, afin qu'on ne les assimilent pas à des médicaments.
Il est à noter que dans d'autres pays de l'Union européenne, ce monopole est nettement moins important : 360 plantes sont en vente libre en Belgique et 200 en Italie.

Production

En ce qui concerne la production française de plantes médicinales, la culture a aujourd'hui remplacé la cueillette. Elle occupe environ 13.000 ha. L'espèce la plus cultivée est le pavot œillette (Papaver somniferum) utilisé pour la morphine avec 7 000 ha.

Utilisation

La production de plantes a deux débouchés :

3.4 Phytothérapie et médecine familiale

A titre anecdotique, le diplôme d'État d'Herboristerie fut abrogé en 1941 par le régime de Vichy (art. 59 de la loi du 11 septembre 1941).

Les médecines douces reviennent à la mode et comme pour l'homéopathie, elle est très efficace pour beaucoup de petits maux quotidiens. Cependant il faut être conscient que créer ses propres potions avec des plantes pas très courante n'est pas sans risque (même les tisanes). Il faut absolument demander à un médecin, un pharmacien ou quelqu'un de vraiment sérieux. En effet, les livres vous listent des propriétés mais oublient souvent de vous dire quelle partie de la plante est consommable, quelle proportion, comment la sécher,... De plus, il est important de cueillir des plantes saines dans un lieu sain (surtout pas dans un jardin publique !).

Nous n'allons pas nous étendre sur les plantes médicinales au sens légal du terme mais plutôt sur les plantes utilisées couramment pour les tisanes.

Habituellement les plantes peuvent se consommer des trois manières suivantes :

  1. Infusion : mettre les plantes dans de l'eau bouillante. Retirer l'eau du feu et laisser reposer 5 à 10 minutes avec un couvercle.
  2. Décoction : mettre les plantes dans l'eau froide et faire bouillir l'eau 5 à 10 minutes.
  3. Macération : mettre les plantes dans de l'eau, du vin ou de l'huile pendant plusieurs jours (voir la recette exacte au cas par cas).

Note : le mot tisane est réservé pour les infusions et les décoctions.

Les potions obtenues sont en général bues mais pour certaines plantes, elles peuvent être utilisées en application locale (Exemple : ??)

Le tableau ci-dessous récapitule les tisanes à boire les plus courantes à connaître et leurs propriétés.

Plante
Propriété
Inconvénient
Tilleul Calmant, Sudorifique  
Menthe Digestive Excitent (surtout la menthe fraîche)
Camomille Digestive  
Thé Diurétique Excitent

D'autres plantes courantes sont utilisées et doivent être connues. Le tableau ci-dessous en récapitule certaine.

Plante
Propriété
Chélidoine Le suc orangé se trouvant dans la tige et les feuilles soigne les verrues. Il faut en mettre régulièrement et il vaut mieux cependant utiliser une pommade (qui en général est à base de chélidoine un peu concentré).
Ortie Très riches en sel minéraux, les soupes d'orties sont excellentes pour la santé (en plus cela épate les invités !).

3.5 Plantes toxiques

Chaque année on estime que X personnes s'empoisonnent. Il est impératif de ne pas s'amuser à "goûter" une fleur ou une plante "pour voir". En général, vous ne risquez pas beaucoup plus qu'une bonne diarrhée mais certaines plantes sont vraiment très toxiques voire mortelles.

L'aconit Napel, par exemple, est une des plantes les plus toxiques d'Europe. La toucher...

3.6 Tabac

La culture du tabac remonte à plus de 3 000 ans, en Amérique. En effet, les Indiens fumaient le " tabaco ", l'ancêtre du cigare. Au milieu du XVIième siècle, le tabac est considéré comme un " médicament universel " grâce au médecin personnel de Philippe II. Mais c'est grâce à Jean Nicot que le tabac, en tant que plante médicinale, connaît un véritable essor en France. Celui-ci fait envoyer de la poudre de tabac à la cour d'Espagne pour soigner le fils de Catherine de Médicis qui souffre de graves migraines. Le tabac prend alors le nom de Nicotiana tabacum et sa vente sous forme de poudre est désormais réservée aux apothicaires. Le tabac commence à être fumé par plaisir sous Louis XIII. Les premières plantations de tabac en France datent du milieu du XVIIième siècle, à Clairac dans le Lot-et-Garonne.

En France, il existe actuellement 7.00 exploitations qui cultivent du tabac et cette production couvre environ 10.000 ha du territoire.

On compte 5 grands types de tabacs :

Les trois premières variétés sont cultivées en France.

3.7 Drogues

Comme beaucoup d'autres pays, la France a mis en place un dispositif législatif pour interdire l'usage, le commerce et la détention de certaines substances végétales toxiques, psychotropes ou stupéfiantes... Nous n'allons pas entrer dans les détails. Il faut juste savoir que le pavot (morphine) et cultivé en France pour des raisons médicales. Par contre le chanvre permettent de faire du cannabis ne l'est pas. Ses propriétés thérapeutiques sont bien connues mais la législation française (comme américaine) ne permet pas d'y avoir recours. Un médicament à base de THC (tétrahydrocanabinol) synthétique existe sur la marché et il est utilisé en particulier par les malades du SIDA pour lutter contre la perte de poids mais certaines personnes affirment que son efficacité est moins importante que celle du cannabis "naturel".

Note : le chanvre planté pour le textile, qui est la même espèce que pour le cannabis, est très surveillé en France et ne doit pas contenir plus de 0,2% de THC ; cela est garanti grâce à des semences très surveillées.

 

 

4 Les allergies au pollen

Prérequis

Comme nous l'avons déjà vu en leçon 5 chapitre 3, le pollen sont les cellules (??) mâles qui permettent de féconder les ovules. Il est formé de grains se trouvant dans les étamines des fleurs en très grande quantité.

Pour pouvoir se reproduire, une fleur doit être fécondée, c'est à dire que le pollen doit être transporté de l'étamine d'une fleur mâle jusqu'au pistil (au pied duquel se trouve l'ovule) d'une fleur femelle réceptrice.

Les plantes dont la dissémination des grains de pollens est due au vent sont dites "anémophiles" (étymologiquement "qui aime le vent").

Les plantes dont la dissémination des grains de pollens nécessitent l’intervention d’un insecte sont dite "entomophiles" (étymologiquement "qui aime les insectes", entomon=insecte en grec).

Chaque plante a un pollen qui lui est particulier (même en dehors de toute analyse ADN). Cela permet depuis très longtemps d'identifier les plantes qui ont pu être en contact avec certaines choses (momies égyptiennes, vases, Saint suaire,...) mais aussi de connaître les plantes présentes à certaines époques (dans les tourbières par exemple).
Voici quelques photos de grains de pollen prises au microscope :


Ambroisie

Chêne

Graminées

4.1 Introduction

Pour provoquer des symptômes d’allergie, il est indispensable que les grains des pollens arrivent sur les muqueuses respiratoires de l’homme. Cela ne peut arriver de manière naturelle que pour les plantes anémophiles.

Pour 10 à 20% de la population, ces grains de pollens transportés dans l'air, sont responsables de réactions allergiques, en général saisonnières, appelées " rhumes des foins " dont les caractéristiques sont le nez qui coule et/ou des éternuements.

Ce type d’allergie que nous allons étudier ici, aurait doublé ces 10 dernières années en France.

Note : les données et les photos de ce chapitre proviennent du site http://www.rnsa.asso.fr de l'association française "Réseau National de Surveillance Aérobiologique" (association loi 1901).

4.2 Allergies

Plus de 20% de la population française souffre d’allergie respiratoire. De nombreux facteurs peuvent être à l’origine de ces manifestations. Ils peuvent être classés en 3 catégories :

Il existe des relations entre pollution, pollens et allergies. En effet, la pollution peut à la fois agir sur les pollens en modifiant leur structure biochimique extérieure et par là même leur allergénicité, et sur les muqueuses respiratoires de l’homme en modifiant leurs sensibilités immunologiques aux grains de pollens.

Pour être allergisants, un grain de pollen doit disposer de substances (protéines ou glycoprotéines) reconnues comme immunologiquement néfastes pour un individu donné.
Par exemple, bien que le pin soit une plante anémophile et que le pollen soit très largement diffusé sur de nombreuses régions, celui-ci n’a aucun potentiel allergisant.

4.3 Plantes à risque

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, il existe relativement peu d'espèces ayant un potentiel allergisant (on n'étudie pas non plus les espèces rares mais dont le pollen serait en tellement faible quantité qu'il ne peut pas présenter de risques !).

Les allergies au pollen dépendent beaucoup des régions pour les raisons suivantes :

  • La première est évidente : la plante fournissant le pollen doit y être présente.
    Exemple : Le pollen d’ambroisie que l’on retrouve dans la région Lyonnaise pour laquelle il représente un fléau pendant sa période de dissémination (15 août, 15 septembre) et sur un axe Nevers-Montelimar, ne provoque aucun risque d’allergie sur les autres régions à cause de son absence.

 

Risques d'allergie à l'ambroisie en 2003

  • La deuxième raison est plus complexe : le niveau d'allergie dépend de la région et la même plante peut être plus ou moins nocive en fonction du lieu à cause du climat, du terrain,...
    Exemple : Le pollen de Cyprès-Thuya a un potentiel allergisant plus important dans le quart Sud-Est de la France que dans les autres régions.

Les allergies varient aussi dans le temps :

 

1998

1999

2000

2001

2002

2003

Le tableau suivant récapitule globalement le niveau d'allergie (noté de 0 à 5) pour les différentes plantes présentant des grains de pollen à risque.

Arbre
Herbacées
Niveau allergique
Cyprès, Bouleau Graminées, Ambroisie
5
Aulne, Charme, Chêne Pariétaire, Armoise
4
Noisetier, Peuplier, Saule, Frêne, Platane, Olivier, Tilleul Plantain, Chénopode
3
Mûrier, Hêtre, Châtaignier Oseille
2
Orme Ortie
1
Pin  
0

 

Niveau 5

Graminées

Ambroisie
Niveau 4

Pariétaire

Armoise
Niveau 3

Noisetier

Peuplier
Niveau 2

Châtaignier
 
Niveau 1
   
Niveau 0
   

4.4 Conclusion

Le problème des allergies au pollen justifie de plus en plus la surveillance du contrôle de la qualité de l’air.

L'étude de la dissémination du pollen dans l'air s'appelle l’Aérobiologie ou Aéropalynologie.

 

5 La famille des pinacées (mélèze, épicéa, les différents pins, ...)

Cette famille (synonymes de abiétacées) appartient à l'ordre des conifères qui sont des gymnospermes. Les fleurs femelles sont groupées en cônes formés de nombreuses écailles portant les ovules, et les organes mâles sont des axes portant des étamines serrées. Cette famille comprend le pin, le sapin, l'épicéa, le cèdre, le mélèze.

 

 

 

 


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