Leçon 8
 

3 Apprendre à reconnaître un terrain en fonction des plantes qui y poussent

A chaque terrain correspond une couverture végétale spécifique. Toutefois, le développement des essences est aussi fonction des conditions climatiques.

Un biotope est une zone géographique correspondant à un groupe d'êtres vivants (animaux et végétaux) soumis à des conditions constantes ou cycliques. Un biotope n'occupe jamais un espace étendu.

L'étude d'un biotope doit nécessairement prendre en compte les paramètres suivants :

Dans un premier temps, nous ne nous intéresserons qu'aux régions françaises.

Vous constaterez que certaines plantes se retrouvent un peu partout, quelles que soient les caractéristiques du sol. C'est notamment le cas du pissenlit et de la pâquerette, mais surtout les graminées communément appelées herbes qui donnent à nos paysages cette uniformité verdoyante. La plante la plus répandue en France est le pâturin des près.

Mais la plupart des plantes ne prospèrent que dans un milieu spécifique. La nature du terrain détermine sa composition chimique. Les principales caractéristiques chimiques sont :

Sans s'attarder, il faut savoir que l'intensité de la lumière joue un rôle significatif. Ainsi, les fougères ne prospèrent que dans des zones d'ombres ou de sous-bois. D'autres ne vivent que si la luminosité est intense : exemple le coquelicot, la tomate, le tournesol, la lavande.

La durée de la luminosité est tout aussi importante que l'intensité : c'est ce qu'on appelle le photopériodisme. Le chanvre et le houblon fleurissent mieux quand la durée du jour est courte. Inversement, d'autres fleurissent lorsque les jours sont plus longs, ce sont les héméropériodiques (plantes de jours longs) comme les céréales, les betteraves,...

L'acidité du sol

Un sol acide est un sol non calcaire et souvent pauvre. C'est sur ce type de terrains que l'on retrouve le bouleau, le sapin, la bruyère, les fougères,... Toutefois de nombreux conifères peuvent prospérer sur un sol basique mais progressivement ils appauvrissent le terrain en l'acidifiant. L'exploitation forestière du douglas (originaire des états d'Amériques), selon des méthodes productivistes, ont dégradé fortement certains sols qui accueillaient autrefois des feuillus.

en particulier... Les tourbières

Les tourbières qui couvrent une faible superficie en Europe occidentale et qui sont en voie de régression à cause du drainage, constituent un sol très pauvre et très acide issu de la décomposition et de la fossilisation des sphaignes et des carex. Elles sont riches en carbone (60%) mais très pauvres en azote.

Ce biotope accueille une végétation très particulière telle la drosera ou la grassette (plantes carnivores qui, à défaut de trouver l'azote nécessaire dans le sol, se pourvoient en capturant et en ingérant des insectes).


Lac de Lispach (88) dans les Vosges

La teneur en calcaire

Une grande partie de la France est calcaire. Le terrain calcaire permet le développement des plantes calcicoles (digitale jaune, origan, noyer, acacia, pin d'Alep) tandis qu'un terrain pauvre en calcaire voit le développement des plantes calcifuges (chêne liège, chêne hermès, châtaignier).

Parfois, vous pourrez observer conjointement des acacias et des châtaigniers mais cela reste exceptionnel.


Château (71) en Bourgogne

La terre végétale

Il s'agit de la strate issue de la décomposition de végétaux par les micro-organismes, et des déchets organiques. Les forêts de feuillus ont développé ainsi des sols épais et équilibrés en éléments nutritifs appelé humus.

L'humidité

Les prairies humides proches des rivières ont un sol fertile, engraissé par les alluvions, et par conséquent une flore riche et dense. Toutefois, l'excès d'humidité peut entraîner la prolifération de plantes comme les renoncules (toxiques) ou des plantes spécifiques (joncs, oseilles, carex)

 

 

 

 

 


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