Leçon 5
 

3 La reproduction végétale sexuée

La reproduction sexuée est le cas le plus commun , même si certaines plantes ont développé d' autres moyens de reproduction, comme le fraisier qui ne peut pratiquement plus se reproduire par les graines.

Ce type de reproduction permet non seulement la meilleur adaptation à l'environnement , mais assure une descendance différente du sujet parent , ceci à la condition expresse qu'il n'y ait pas autofécondation.

La reproduction sexuée est identique pour les gymnospermes et les angiospermes.

Quatre étapes sont à distinguer :

  1. l'élaboration de l'ovule et du pollen
  2. la fécondation
  3. la fructification
  4. la dissémination des fruits.

Les phases 1 et 3 font partie de la pousse normale de la plante. Mais les phases 2 et 4 sont souvent très originales et font appel à d'autres facteurs. Nous allons les détailler ci-dessous.

3.1 La fécondation

Le principal problème de la fécondation est le transport du pollen vers les ovules (sachant que la nature rejette dans la mesure du possible l'autofécondation) La nature va donc utiliser tous les moyens mis à sa disposition comme le vent, l'eau, les insectes.

Chez les graminées le pollen, qui est produit en grande quantité, est emporté par le vent; c'est lui qui provoque le "rhume des foins". Comme nous l'avons déjà vu, leurs fleurs n'ont pas de corolle (donc ni couleur, ni parfum) et n'ont pas besoin d'attirer les insectes.

Pour les gymnospermes, le transport du pollen (qui se trouve sur des axes chargés d'étamines serrées) se réalise aussi grâce au vent qui l'emporte vers les pommes de pin qui le retiennent afin qu'il se dépose directement sur les graines.

Vous avez remarqué comme certaines plantes sont odorantes et ont des couleurs vives ! Le but est d'attirer par tous les moyens abeilles ou papillons qui vont transporter (malgré eux) le pollen. Ceux-ci, attirés par le nectar, le parfum et la couleur de la corolle, mettent les pattes dans le pollen qui s'accroche à leurs poils. Les sacs de pollen accrochés aux étamines sont très accessibles et en allant de fleur en fleur, les insectes déposent celui-ci sur le pistil, souvent un peu gluant qui le retient. Des phénomènes chimiques vont ensuite trier le pollen avant d'accepter les grains qui doivent pénétrer dans l'ovule.

Les abeilles sont les insectes les plus communs ainsi que les bourdons ou les guêpes mais certaines plantes, en particulier celles dont les fleurs sont vertes ou brunes, en attirent d'autres ainsi l'arum est fécondé par des moucherons qui sont emprisonnés dans la fleur puis libérés après s'être frottés contre le pollen.

L'euphorbe est fécondé par des fourmis.

Le chardon champêtre, ou cardère, est également intéressant car il utilise un papillon de nuit appelé Zygène qui est attiré par sa couleur violette ainsi que certaines mouches qui pondent leurs oeufs dans le capitule en échange d'un transport de pollen.

3.2 La dissémination des fruits pour la reproduction.

Cette phase constitue également un problème pour les végétaux; en effet, pour se reproduire au mieux, une plante à intérêt à disséminer ses graines le plus loin possible. D'abord pour ne pas être gênée elle-même et ensuite pour s'étendre sur une surface la plus grande possible.

Là aussi, tous les moyens les plus extraordinaires sont mis en oeuvre par la nature.

La dissémination par le vent est la plus courante. Certains fruits ont des aigrettes qui sont des touffes de poils en forme de pinceau permettant le transport par le vent. Exemple : pratiquement toutes les composées et notamment le pissenlit.

Nous avons tous déjà soufflé sur les boules blanches des pissenlits. Eh bien vous faites exactement ce que le pissenlit attendait de vous ! Certains arbres développent des sortes de petites feuilles aux formes diverses mais très efficaces comme le tilleul, le fresne.

Mais, vous êtes vous déjà demandé pourquoi ces délicieux fruits que sont les pommes, les poires, existaient sur terre ? Existent-ils juste pour qu'on les mange ? Eh bien oui. C'est un des moyens de dissémination des graines. Ces fruits charnus sont mangés par les mammifères qui rejettent ensuite les graines non digérées ailleurs dans la nature. Leurs belles couleurs sont aussi là pour attirer les animaux.

D'autres fleurs ont mis au point de véritables catapultes qui permettent d'éjecter les graines au loin. Dans le cas des impatiences, les fruits murs s'ouvrent soudainement en s'entortillant sur lui même au moindre effleurement, et en projetant les graines jusqu'à 2 mètres. Curieusement , un synonyme de cette plante est "ne me touchez pas".

Le chou marin a des graines qui peuvent être emportées par la mer et y vivre plusieurs jours avant d'être déposées sur une plage et y prendre racine.

Certaines plantes ont développées sur leurs fruits de petits crochets qui se prennent dans le pelage des animaux. Vous connaissez le gaillet grateron ? c'est cette mauvaise herbe qui colle et qui vous laisse une multitude de petites boules à poils sur les pulls ? Et bien en retirant ces boules quelques mètres plus loin, vous faite exactement ce qu'elle attendait de vous !

 

 

 

 

 


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