Leçon 5

1 Introduction

Vous avez dû acquérir maintenant les bons réflexes pour observer les plantes et les fleurs. Nous vous proposons de terminer par les feuilles en vous suggérant les questions essentielles à vous poser. Nous nous attarderons ensuite plus longuement sur la reproduction sexuée des plantes, question fondamentale de la survie des fleurs et des fruits.

 

2 Apprendre à regarder une feuille pour la décrire

L'examen d'une feuille isolée ne permet pas de decrire l'organisation du feuillage. Beaucoup de plantes n'ont pas les mêmes feuilles à la base et tout au long de la tige (pensez simplement à la dimension), mais aussi à la forme générale.

Exemple : la campanule à feuilles rondes.

Au départ il est important de regarder la structure en général.

Y a-t-il des feuilles différentes sur la plante ? Quelles zones pouvez-vous délimiter ?

Les feuilles sont-elles urticantes ou piquantes (noter que vous ne risquez pas grand chose de toucher une plante, même une ortie ou une plante carnivore.

Sont-elles douces, duveteuses, poilues, collantes ?

Les feuilles sont-elles simples ou composées ?

Sont-elles entières, dentées, lobées ?

Les nervures sont-elles très visibles ? d'une couleur particulière ?

Les deux faces des feuilles sont-elles différentes ?

Les feuilles ont-elles des taches ou des dessins ? (exemple : le trèfle a des cheverons blancs ou des points noirs)

Les feuilles sont-elles en rosettes, verticillées, alternes, opposées ? Comment est le pétiole (couleur, forme,...). Sont-elles sessiles ?

Sont-elles embrassantes, engainantes ? S'agit-il d'un monocotylédone ou d'un dicotylédone ?

 

3 La reproduction végétale sexuée

La reproduction sexuée est le cas le plus commun , même si certaines plantes ont développé d' autres moyens de reproduction, comme le fraisier qui ne peut pratiquement plus se reproduire par les graines.

Ce type de reproduction permet non seulement la meilleur adaptation à l'environnement , mais assure une descendance différente du sujet parent , ceci à la condition expresse qu'il n'y ait pas autofécondation.

La reproduction sexuée est identique pour les gymnospermes et les angiospermes.

Quatre étapes sont à distinguer :

  1. l'élaboration de l'ovule et du pollen
  2. la fécondation
  3. la fructification
  4. la dissémination des fruits.

Les phases 1 et 3 font partie de la pousse normale de la plante. Mais les phases 2 et 4 sont souvent très originales et font appel à d'autres facteurs. Nous allons les détailler ci-dessous.

3.1 La fécondation

Le principal problème de la fécondation est le transport du pollen vers les ovules (sachant que la nature rejette dans la mesure du possible l'autofécondation) La nature va donc utiliser tous les moyens mis à sa disposition comme le vent, l'eau, les insectes.

Chez les graminées le pollen, qui est produit en grande quantité, est emporté par le vent; c'est lui qui provoque le "rhume des foins". Comme nous l'avons déjà vu, leurs fleurs n'ont pas de corolle (donc ni couleur, ni parfum) et n'ont pas besoin d'attirer les insectes.

Pour les gymnospermes, le transport du pollen (qui se trouve sur des axes chargés d'étamines serrées) se réalise aussi grâce au vent qui l'emporte vers les pommes de pin qui le retiennent afin qu'il se dépose directement sur les graines.

Vous avez remarqué comme certaines plantes sont odorantes et ont des couleurs vives ! Le but est d'attirer par tous les moyens abeilles ou papillons qui vont transporter (malgré eux) le pollen. Ceux-ci, attirés par le nectar, le parfum et la couleur de la corolle, mettent les pattes dans le pollen qui s'accroche à leurs poils. Les sacs de pollen accrochés aux étamines sont très accessibles et en allant de fleur en fleur, les insectes déposent celui-ci sur le pistil, souvent un peu gluant qui le retient. Des phénomènes chimiques vont ensuite trier le pollen avant d'accepter les grains qui doivent pénétrer dans l'ovule.

Les abeilles sont les insectes les plus communs ainsi que les bourdons ou les guêpes mais certaines plantes, en particulier celles dont les fleurs sont vertes ou brunes, en attirent d'autres ainsi l'arum est fécondé par des moucherons qui sont emprisonnés dans la fleur puis libérés après s'être frottés contre le pollen.

L'euphorbe est fécondé par des fourmis.

Le chardon champêtre, ou cardère, est également intéressant car il utilise un papillon de nuit appelé Zygène qui est attiré par sa couleur violette ainsi que certaines mouches qui pondent leurs oeufs dans le capitule en échange d'un transport de pollen.

3.2 La dissémination des fruits pour la reproduction.

Cette phase constitue également un problème pour les végétaux; en effet, pour se reproduire au mieux, une plante à intérêt à disséminer ses graines le plus loin possible. D'abord pour ne pas être gênée elle-même et ensuite pour s'étendre sur une surface la plus grande possible.

Là aussi, tous les moyens les plus extraordinaires sont mis en oeuvre par la nature.

La dissémination par le vent est la plus courante. Certains fruits ont des aigrettes qui sont des touffes de poils en forme de pinceau permettant le transport par le vent. Exemple : pratiquement toutes les composées et notamment le pissenlit.

Nous avons tous déjà soufflé sur les boules blanches des pissenlits. Eh bien vous faites exactement ce que le pissenlit attendait de vous ! Certains arbres développent des sortes de petites feuilles aux formes diverses mais très efficaces comme le tilleul, le fresne.

Mais, vous êtes vous déjà demandé pourquoi ces délicieux fruits que sont les pommes, les poires, existaient sur terre ? Existent-ils juste pour qu'on les mange ? Eh bien oui. C'est un des moyens de dissémination des graines. Ces fruits charnus sont mangés par les mammifères qui rejettent ensuite les graines non digérées ailleurs dans la nature. Leurs belles couleurs sont aussi là pour attirer les animaux.

D'autres fleurs ont mis au point de véritables catapultes qui permettent d'éjecter les graines au loin. Dans le cas des impatiences, les fruits murs s'ouvrent soudainement en s'entortillant sur lui même au moindre effleurement, et en projetant les graines jusqu'à 2 mètres. Curieusement , un synonyme de cette plante est "ne me touchez pas".

Le chou marin a des graines qui peuvent être emportées par la mer et y vivre plusieurs jours avant d'être déposées sur une plage et y prendre racine.

Certaines plantes ont développées sur leurs fruits de petits crochets qui se prennent dans le pelage des animaux. Vous connaissez le gaillet grateron ? c'est cette mauvaise herbe qui colle et qui vous laisse une multitude de petites boules à poils sur les pulls ? Et bien en retirant ces boules quelques mètres plus loin, vous faite exactement ce qu'elle attendait de vous !

 

4 La classification du monde vivant (deuxième partie)

Nous avons vu précédemment que de manière simplifiée, le monde vivant était divisé ainsi :

REGNE
EMBRANCHEMENT
CLASSE
FAMILLES
règne animal
.../...
règne végétal
Gymnospermes    
Angiospermes Monocotylédones  
  Dicotylédones  

Cette première séparation n'intervient pas dans le nom donné à une plante.

Les classes sont ensuite divisées en familles. Nous avons déjà vu les astéracées (asteraceae), les papilionacées (papilionaceae), les papavéracées (papaveraceae).

Le nom de famille est souvent un dérivé du nom de l'espèce la plus représentative (papaveraceae vient de pavot, asteraceae vient de aster,) ou d'un mot décrivant une caractéristique (papilionaceae vient de papillon, polygonaceae vient de polygone à cause de la forme des graines, labiaceae vient de lèvre à cause de la forme des fleurs).

Dans le règne végétal, le nom des familles se termine toujours par "aceae" (prononcer acé) ce qui donne en général "acées" en français, sauf pour les graminées (graminaceae) et composées (compositae) mais ces familles ont été renommées respectivement en poaceae et asteraceae. On peut noter que pour les animaux, les familles se terminent toutes par "idae" (prononcer idé).

. Exemple : les bovidés (bovidae).

Certaines familles trop importantes sont divisées en sous-familles bien que le nom de la sous-famille n'entre pas dans le nom complet de l'espèce : c'est le cas des papilionaceae. Le nom se termine alors par "oideae" (prononcer oidé) en botanique et par "inae" (prononcer iné) en zoologie.

Parfois, au contraire, certaines familles sont regroupées entre elles; ce niveau supplémentaire est appelé un ordre : nous avons l'ordre des conifères qui comprend entre autre la famille des pinacées (pinaceae).

Les familles sont ensuite divisées en genres. Là aussi le nom donné au genre dérive souvent de l'espèce la plus représentative (papaver vient de pavot) ou d'une description latine (trifolium signifie trois feuilles d'où le nom du trèfle).

Les genres sont enfin divisés en espèces. Le nom de l'espèce est souvent un adjectif définissant la plante dans son genre (Exemple : repens = rampant, vulgaris = commun, officinalis = officinal, rhoeas = rouge, nigrum = noir).

Les espèces sont parfois divisées ensuite en sous-espèces (ou catégories inféodées), en variétés, ou en cultivars pour les plantes cultivées ayant subi des greffes. Il suffit par exemple de penser à la multitudes de pommes ou de roses qui existent. Cela explique pourquoi il y a 450.000 plantes différentes dans le monde et 300.000 espèces.

 

5 La famille des papilionacées ou légumineuses (le trèfle, l'acacia, les vesces,...)

Commençons par une précision: la famille des papilionacées n'existe plus officiellement depuis près de 20 ans bien que ce soit une des familles les plus connues. Cette suppression a une explication :

Il existait 3 familles : les papilionacées, les césalpiniées, et les mimasées qui ont été réunies entre elles sous l'appellation de "léguminosacées"; or cet arrangement ne correspondait plus aux règles de classement que nous venons de voir. On a donc décidé de créer une famille appelée "fabacées" ou "légumineuses" (fabaceae) divisée en 3 sous familles : caesalpinioideae, mimosoideae et leguminosoideae (notez le suffixe en "oideae"). Comme nous le verrons plus loin, les noms de sous-familles n'interviennent pas dans le nom de la plante alors que le nom de famille est présent.

Il est inutile de savoir tout cela dans le détail mais simplement de retenir trois choses :

  1. La botanique n'est pas une science figée et immortelle mais continue à évoluer.
  2. Le mot papilionacée reste un synonymes courant de la famille des légumineuses. Il fait référence à la forme de la fleur alors que l'autre fait référence au fruit.
  3. Les braves fonctionnaires du comité botanique détestent tellement les choses qui n'entrent pas dans une règles qu'ils n'hésitent pas à changer des mots traditionnels qui existent depuis des siècles !

La famille des papilionacées (papilionaceae en latin) est caractérisée par des fleurs à la forme très particulière, à symétrie bilatérale, appelée corolle papilionacée.

Les fleurs ont 10 étamines dont 9 soudées. L'ovaire se transforme en gousse.

Cette famille est vaste et comprend des fleurs aussi diverses que le genêt, le cytise, la glycine, la vesce, le soja, le haricot, le pois, la lentille, la luzerne, le trèfle, etc. Presque tous les légumes secs appartiennent à cette famille (d'où leur nom) : haricot, pois, lentille. La gousse est l'ovaire et le petit pois l'ovule.

Notons que le résultat de la fécondation de l'ovaire chez les angiospermes s'appelle toujours un fruit, et que ce fruit prend le nom de gousse dans le cas des légumineuses : c'est la caractéristique de cette famille que de donner des fruits secs, allongés et formés de deux valves) et qu'on appelle communément légume.

       

 

 

 

 


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